Pétrole : le Cameroun a mal à sa gouvernance

C’est ce que révèle Revenue Watch Institute dans son rapport 2013 sur l’indice de gouvernance des ressources naturelles publié le 15 mai 2013.

L’indice de gouvernance des ressources naturelles mesure la qualité de la gouvernance (transparence et redevabilité) des industries pétrolières, gazières et minières de 58 pays précise Evelyne Tsague de Revenu Watch Institute.

Sur les 58 pays évalués, le Cameroun occupe la 47è place avec une note agrégée de 34 sur 100. Un résultat qui le relègue au rang des pays « défaillant » indique le rapport de l’ONG américaine.

Le Cameroun offre très peu d’information sur son industrie extractive constate le rapport. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) à capitaux entièrement public qui domine le secteur  pétrolier,  divulgue très peu d’information sur sa gestion. Malgré l’effort consenti par elle pour  rendre public les valeurs de vente du pétrole,  aucune information supplémentaire ne décrie les données reportées. Et si la SNH estime ses revenus dans le budget national, les informations relatives aux dépenses quant à elles ne sont pas publiées renseigne le document.

Par ailleurs, le rapport note que seulement une partie des revenus collectés par la SNH est reversé au Trésor Public. L’entreprise ne publie pas de rapport narratif détaillé de ses activités et, ses comptes ne sont pas audités selon les standards internationaux. Le processus d’octroi des permis aux entreprises reste inconnu. Le ministère des mines ne divulgue aucune information sur le secteur pétrolier.  La SNH ne publie pas les contrats pétroliers comme c’est le cas dans certains pays africains (République démocratique du Congo, Guinée, Ghana).

Pourtant, la publication des contrats «permettrait aux citoyens  de déterminer  quels avantages leur pays retire des ressources naturelles détenues par l’Etat et de faire respecter les engagements contractuels pris par les sociétés et le gouvernement » soutient le rapport  de Revenue Watch Institute.  Si  le contenu des contrats pétroliers, miniers et gaziers étaient accessibles au niveau du Cameroun, « les communautés locales pourraient elles-mêmes suivre les obligations légales des entreprises et contrôler la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles » argue Evelyne Tsague.

Le difficile accès à l’information, l’absence de redevabilité et le manque de transparence dans la gestion des fonds issus des ressources extractives contribuent fortement au déficit de gouvernance des ressources naturelles au Cameroun.

Dans le palmarès des dix-sept pays africains retenus dans l’échantillon de cette étude, le Cameroun figure à la 14è place du classement  devant le Sud-Soudan, le Zimbabwe et la Guinée équatoriale.

Mireille Tchiako

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