Gouvernance locale: la Banque Mondiale veut renforcer la participation citoyenne

Ce 29 octobre 2013 à Yaoundé, l’institution financière a partagé les résultats des projets pilotes qu’elle a financés dans le cadre de l’amélioration de la qualité du service public et de la bonne gouvernance locale au Cameroun.

une vue du panel lors de la cérémonie officielle d'ouverture du Forum

L’éducation, la santé et la gestion des ressources naturelles sont les secteurs qui ont été passés au scanner. Les résultats des 13 projets soutenus par la Banque Mondiale et mis en œuvre dans cinq régions du Cameroun ont été présentés ce 29 octobre 2013 à l’hôtel Hilton de Yaoundé au cours d’un Forum sur la Gouvernance.  Il s’est agi précisément de « partager les acquis et les leçons apprises dans le cadre d’une série d’initiatives et d’activités soutenues par la Banque afin de mesurer le degré de la  participation citoyenne dans la gouvernance au niveau local », a-t-on appris. Et les résultats qualifiés de « prometteurs » par Cia Sjetnan, chargée Principale des Opérations pour le Cameroun, encouragent la Banque Mondiale à « développer des projets similaires dans d’autres localités du pays et, dans quelques années, au niveau national, au vu des résultats concrets enregistrés avec les projets pilotes », précise Gregor Binkert. Le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale cite en exemple la qualité des services publics qui a été améliorée dans certains centres hospitaliers où par exemple la vente parallèle de médicaments a diminué et les tests rapides de paludisme qui étaient vendus dans les trois hôpitaux principaux  de la ville de Limbé (PMI Limbé, l’hôpital de District de Limbé) sont à présent gratuits, à l’exception de l’hôpital régional de Limbé où ces tests rapides, subventionnés par l’Etat, sont encore commercialisés.

Si la Banque Mondiale se veut optimiste quant à l’implication des citoyens dans le contrôle de la gestion des dépenses publiques au niveau local, la société civile, elle, relève encore des difficultés pour l’atteinte véritable de cet objectif. « Nous avons noté trois problèmes majeurs dans l’opérationnalisation de la participation citoyenne », relate M. Tomo Onesin Cyrille, Coordonnateur de Voix Nouvelles, une organisation de la société civile. Il cite d’abord « l’absence d’intérêt »,  manifesté par de nombreux citoyens qui pensent  que « le suivi de la dépense publique est la chose d’autrui ». Ensuite, il y a « la barrière liée à la langue ». Monsieur Tomo explique que dans la région de l’Adamaoua par exemple où son organisation a mis en œuvre un projet pilote, Il leur a été difficile de partager les informations sur les dépenses publiques avec les populations ne sachant quelle langue utiliser pour dialoguer avec les populations. Enfin, le Coordonnateur de Voix Nouvelles évoque la « complexité de la présentation du budget qui ne donne pas les détails aux citoyens afin de lui permettre de faire le suivi ».

« Les chiffres présentés de manière technique dans les budgets concourent à décourager les populations dans leur élan de contrôle citoyen », reconnaît le Gouverneur de la région de l’Adamaoua. M. Abakar Ahamat préconise « la démystification de la dépense publique » à travers la multiplication de projets similaires mis en œuvre par la Banque Mondiale au niveau local. Sachant que la participation citoyenne est un pilier de la bonne gouvernance, le Gouverneur a instauré depuis le début du mois d’octobre, « une journée de transparence » au cours de laquelle, il échange avec les populations de sa région sur la gestion des fonds publics qui lui ont été alloués dans le cadre de ses fonctions.

Pour intéresser et impliquer davantage les populations dans la formulation et le suivi des dépenses publiques au niveau local, trois modes de participation citoyenne existent et peuvent être utilisés par les gestionnaires. « Il s’agit de l’information, de la consultation et de la concertation », a souligné Madame Essono, coordonnateur national du PDUE pour qui, les approches préconisées pour la réussite de cette démarche résident dans «l’élaboration d’une bonne stratégie de communication, ainsi que l’utilisation des medias traditionnels et des nouveaux medias ».

Mireille Tchiako

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