Gouvernance : Du bois illégal en provenance du Cameroun sur le marché chinois

Le commerce de ce bois illégal émanant des projets de conversion des forêts, se fait au vu et au su du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et l’Union européenne (UE), selon Greenpeace Afrique.bois illégal

C’est une cargaison de plus de 3000 m3 qui a déjà quitté le port de Douala pour le port chinois de Zhangjiagang a dénoncé l’ONG Greenpeace dans un communiqué de presse publié ce jour s’appuyant ainsi « sur des documents officiels du port de Douala ». La transaction effectuée par Uniprovince, une société détenue par Herakles Farms, et qui a déjà abattu au moins 10 000 m3 de bois de valeur commerciale, opère ainsi en toute illégalité sur le sol camerounais. Le bois, objet de la polémique est issu de la vente de coupe illégalement attribuée à l’entreprise par le ministre camerounais en charge des Forêts en  janvier 2014.

Greenpeace qui dénonce la corruption et l’impunité dans le secteur forestier au Cameroun  affirme avoir envoyé à « trois procureurs de l’État camerounais des informations prouvant l’illégalité de l’exploitation forestière d’Uniprovince, mais aucune mesure n’a été prise à notre connaissance», explique Irène Wabiwa. La Responsable de la campagne forêt à Greenpeace Afrique s’insurge également contre le fait que « Le MINFOF et l’UE, en charge de la mise en œuvre de l’accord de partenariat FLEGT, ont également été informés à plusieurs reprises; mais malheureusement, cela n’a pas empêché le bois d’être exporté ». Face à l’inaction des pouvoirs publics camerounais, Greenpeace Asie de l’Est a entrepris le 19 août, «de présenter ces preuves aux autorités compétentes en Chine, en leur demandant d’enquêter sur la société chinoise impliquée dans l’importation de ce bois illégal d’Herakles Farms/Uniprovince ».

Si le bois illégal du Cameroun se retrouve sur la marché chinois via le port de Zhangjiagang, c’est parce que le pays ne dispose pas encore d’une législation interdisant l’importation de bois illégal. Toutefois, le Cameroun a signé les Accords de Partenariat Volontaire (APV) avec l’Union européenne le 6 octobre 2010 qui l’ « engage à garantir la légalité de sa production de bois, quel que soit le marché de destination » (art 9(3)). Il est donc de la responsabilité des autorités camerounaises et de l’UE de veiller à ce que l’accord de partenariat soit appliqué et respecté à la lettre et dans l’esprit. Une action concrète serait d’annuler la vente de coupe d’Uniprovince et tous les autres permis illégaux, et empêcher le bois coupé illégalement de quitter le Cameroun pour l’UE, la Chine ou toute autre destination soutient Greenpeace. Car « si ces opérations se poursuivent en toute impunité, cela va ébranler la crédibilité de l’accord de partenariat FLEGT, ratifié en décembre 2011, accélérer la destruction de la forêt et priver les communautés de leurs moyens de subsistance», alerte Irène Wabiwa.

By Mireille Tchiako

 

 

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