Yaoundé : les experts réfléchissent aux implications des cessions des terres à grande échelle sur la conservation des grands singes

Les plantations agro-industrielles hypothèquent-elles les objectifs de conservation visés par le Cameroun ? C’est la question à laquelle doivent répondre les experts de différents secteurs qui vont se retrouver à Yaoundé le 8 juillet 2015 dans le cadre d’un atelier de réflexion sur les enjeux à prendre en compte pour faire face aux chevauchements entre plantations agro-industrielles et habitats des grands singes dans la zone du Dja (région du sud) et de la forêt d’Ebo (région du littoral).

Le constat est clair : depuis 2005, on assiste au Cameroun comme dans plusieurs autres pays d’Afrique subsaharienne à des acquisitions massives de terres agricoles et forestières pour l’implantation de grands projets agro-industriels. Malheureusement, ces transactions se font dans un contexte marqué par l’absence d’un plan de zonage du territoire national, qui prenne en compte les changements observés dans les stratégies de développement au cours des vingt dernières années.

Pourtant, le Cameroun a manifesté sa volonté de contribuer à la préservation de l’Environnement en créant de réserves naturelles, en accentuant la lutte contre le braconnage et en encourageant les initiatives de reboisement. Le gouvernement a même crée des aires protégées en respectant la diversité écologique et en ciblant les zones les plus riches en biodiversité et, la loi forestière de 1994 est venu mettre un accent sur l’utilisation durable des ressources forestières.

Seulement, le Cameroun pour devenir émergent à l’horizon 2035, a misé sur l’exploitation de ses ressources naturelles pour développer son économie. Pour cela, le gouvernement a organisé une campagne de charme pour attirer les investisseurs étrangers. Le résultat a donné lieu à de nouveaux types d’acquisitions massives de terres dédiées à l’exploitation minière et agro-industrielle. Et parce que l’accès à la terre et aux ressources naturelles est largement prioritaire dans la stratégie de croissance du pays, « l’on a assisté à des superpositions des titres d’exploitation sur les aires protégées et dans les zones de Haute Valeur pour la Conservation ce qui pose aujourd’hui le problème de cohabitation entre conservation et développement » notent les experts.

Aujourd’hui, le développement rapide des agro-industries apparaît comme une menace pour l’habitat de la faune « si les sites des plantations ne sont pas bien choisis». C’est pourquoi il est urgent d’explorer cette question « afin de contribuer à la compréhension des interactions entre les investissements agro-industriels et la protection des habitats des grands singes, y compris les risques et les opportunités à saisir pour s’assurer que l’expansion des plantations agro-industrielles n’hypothèque pas les objectifs de conservation » justifient le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED), organisateurs de la rencontre.

By Mireille Tchiako

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