Formation : Les défenseurs de l’environnement outillés aux mécanismes de protection de leurs droits

C’est dans le cadre d’un atelier qui réunit à kribi du 2 au 5 septembre 2015, différents acteurs intervenant dans la protection et la promotion des droits de l’homme.

Une vue de la salle

Ils font 32 au total. D’aucuns, défenseurs de l’environnement et représentant les communautés, journalistes actifs dans le domaine des droits de l’homme et de l’environnement et d’autres issus des associations de défense de l’environnement, des associations de défense des droits de l’homme et/ou de défense des défenseurs de droits de l’homme les participants. Durant 4 jours, ils vont partager leurs expériences quotidiennes et les menaces auxquelles ils font face et être formés aux principaux instruments normatifs et institutionnels garantissant leur protection. C’est du moins l’objectif principal visé par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), organisateur de la rencontre.

En défendant les droits économiques, sociaux et culturels des communautés et peuples et notamment sur leur droit au maintien et la préservation de leur environnement de leur cadre de vie, les défenseurs de l’environnement s’exposent à des intimidations, violences et autres violations de leurs droits civils et politiques. Au Cameroun, « on a ainsi constaté au cours des trois dernières années, une intensification du harcèlement des communautés défendant leurs droits et, surtout, d’individus et d’organisations défendant les droits des communautés dans les domaines de l’environnement et de l’accès à la terre et aux ressources naturelles » a reconnu Apollin Koagne du CED. L’émergence de menaces nouvelles et persistantes sur les droits de l’Homme avec l’augmentation de la demande en ressources naturelles s’est accompagnée d’une violation de plus en plus accrue des défenseurs des droits violés.

En effet, les résistances des communautés, de leurs leaders ou d’associations défendant leurs droits ont vu naître une nouvelle catégorie de victime de violations des droits de l’Homme: les défenseurs locaux des droits à l’environnement. Le partage d’expérience des acteurs tels que Nasako Besingi arrêté dans l’affaire Herakles Farms, Christoper Achobang pour le conflit opposant les pasteurs et les agriculteurs à Mbengwi, Norbert Bouba pour avoir dénoncé les impacts sociaux-environnementaux des activités de CIMENCAM à Figuil, a permis de mieux comprendre la situation des violations des droits de l’homme et des défenseurs de l’environnement au Cameroun.

A l’origine de la plupart de ces conflits, l’accès à la ressource, l’exploitation de la ressource et le partage des bénéfices issus des ressources exploitées a fait savoir Samuel Nguiffo, secrétaire général du CED. Il a par ailleurs invité les journalistes à saisir l’opportunité de la descente de terrain prévu dans le cadre de cette formation, pour porter à la connaissance du grand du public les préoccupations des communautés affectés par les projets industriels et les activités des multinationales installées à kribi. Entre autres plaintes évoquées par certains acteurs présents dans la salle, l’exhumation des corps de leurs parents en leur absence, le déversement des déchets industriels aux abords de leurs maisons, la pollution de la rivière, seule source d’eau pour leur alimentation, etc.

Des violations de droits qui ont trouvé des pistes de réparation dans l’exposé fait par M. Koagne qui est revenu sur les instruments de protection de l’être humain au niveau national (mécanismes non juridictionnels et juridictionnels) et international (mécanismes africains, onusiens, et bailleurs de fonds différents mécanismes).

L’on a appris que l’atelier de kribi s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Verdir’ le respect des droits de l’Homme dans le Bassin du Congo » piloté par le CED sur financement de l’Union Européenne. Le Cameroun, tout comme les trois autres pays du projet (RCA, Gabon, RDC), répond, malheureusement, à tous les critères établis par la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme pour une situation où les droits de l’Homme sont les plus menacés notamment « limitation du droit à la liberté d’association ; limitation du droit de la liberté de rassemblement pacifique ; limitations du droit à la liberté́ dexpression, à linformation et à la communication ; un environnement menaçant (menaces de mort, exécutions, enlèvements ;entraves au droit à un procès et à un traitement équitables » a regretté Apollin Koagne, coordonnateur régionale du projet.

Mireille Tchiako

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s