Sensibilisation : Les journalistes invités à s’intéresser aux sujets de santé publique

C’est le plaidoyer mené par l’Ambassade des États-Unis au Cameroun au cours d’une réunion tenue le 25 février 2016 avec la presse nationale et les étudiants en journalisme.

Marie Doezema

Marie Doezema

« Nous avons besoin de médecins et d’infirmières pour fournir un traitement, mais pour la prévention du VIH, plus de vies seront sauvées par des journalistes, des membres du clergé, des enseignants et des politiciens ». Cette assertion de Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA laisse croire que la couverture de sujets de santé par les médias a un impact certain sur les publics. Convaincu de cela, les responsables de l’Ambassade des États-Unis au Cameroun ont invité Marie Doezema, journaliste de renommée internationale à partager son expérience avec ses confrères de la presse camerounaise.

Pour celle qui fut correspondante en France du The New York Times si les journalistes traitent davantage des questions liées à la santé dans leurs organes de presse respectifs, cela assurera un accès libre et facile aux informations de santé de qualité pour les populations. Par ailleurs ajoute-t-elle, les articles produits à titre informatif ou pour dénoncer des insuffisances peuvent amener les gouvernements à prendre des décisions éclairées pour protéger, améliorer et sauver des vies. Mais pour y arriver, le rendu des journalistes doit être intéressant, pertinent et solide.

Concrètement, conseille la reporter du journal The Christian Science Monitor sur la base de son expérience, le journaliste doit pouvoir écrire sur des sujets axés sur des histoires vraies, donner la parole aux experts du corps médical et aux responsables gouvernementaux pour crédibiliser son enquête ou reportage. Pour mieux se faire comprendre ajoute-t-elle, il faut utiliser un langage facile à comprendre qui puisse réduire le fossé de communication entre le public et le personnel médical. Par ailleurs, la présence des statistiques dans un article de presse donne un certain poids à l’information véhiculée soutient Mme Marie Doezema qui recommande à ses pairs de procéder à leurs vérifications avant toute publication. A ce sujet, « Cherchez s’il y a des chiffres différents, si le sujet est controversé. Il faut se familiariser avec les études médicales. Prenez le temps de lire et de comprendre ce que vous écrivez sur le sujet, il ne suffit pas de répéter quelques lignes. Assurez-vous de comprendre la science des chiffres que vous déclarez » insiste la franco-américaine qui a travaillé pour le journal The Boston Globe.

Si les journalistes présents ont reconnu le caractère pertinent des statistiques dans un article de presse, tous se sont accordés à dire qu’elles relèvent d’un serpent de mer dans le contexte Camerounais. Celles qui existent, non seulement ne sont pas actualisées mais, restent difficilement accessibles. Des raisons politiques ont été évoquées par certains pour justifier cette absence de données et d’autres ont soutenu que les chiffres actuels existent bel et bien mais qu’ils ne sont pas porté à la connaissance ou mis à la disposition du grand public expressément par les dirigeants. Les quelques rares données disponibles sont le produit des Institutions internationales pour la plupart. Un défi de trouver les statiques et même de les comprendre reste donc à surmonter par les journalistes dans le travail quotidien. Pour ceux qui s’intéressent déjà aux sujets de santé, d’autres défis devront être surmontés renseigne l’experte. Notamment la compréhension et la traduction des études scientifiques et le jargon médical et surtout… convaincre les patrons de presse ou de rédaction sur l’importance du traitement des questions de santé par leurs organes de presse.

En organisant cette visioconférence, « nous avons voulu attirer l’attention des journalistes sur l’importance du traitement des sujets de santé publique dans leurs différents organe de presse et susciter l’intérêt de la recherche dans ce secteur chez les étudiants en journalisme » renseigne Bouba Monglo, spécialiste de l’information à l’Ambassade des États-Unis au Cameroun. Cet échange avec Marie Doezema qui a un master en journalisme scientifique et santé se présente donc pour certains comme un déclic, et pour d’autres comme une motivation supplémentaire à poursuivre leur voie dans la couverture des sujets liés à la santé publique.

By Mireille Tchiako

 

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