Afrique Centrale : Désormais un fonds pour venir en aide aux défenseurs de l’Environnement

L’institution a été officiellement présentée à la presse le 27 novembre 2015.

Tout défenseur de l’environnement en Afrique Centrale faisant face à des menaces pressantes de violation de ses

Pr Alain Didier Olinga répondant à la presse

Pr Alain Didier Olinga répondant à la presse

droits ou subissant déjà de telles violations peut bénéficier de l’appui du Fonds d’Assistance aux Défenseurs en Afrique Centrale (FADAC). C’est la principale vocation du Fonds a renseigné le Pr Didier Alain Olinga, Président du Conseil d’Administration du FADAC.

Toutefois, quelques conditions vont entourer la sélection des Défenseurs à protéger pour que le FADAC ne s’inscrive pas dans une dynamique contraire aux lois et institutions en vigueur dans les pays. Ainsi, « le Fonds ne sera utilisé que pour les défenseurs qui ont les mains propres en l’occurrence ceux qui ne sont pas rendus coupables de violation de la loi » a précisé le Pr Olinga.

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Delphine COUVEINHES MATSUMOTO

« L’activité économique ne peut se déployer en dehors de toute considération des droits de l’Homme »

Spécialiste de programme, Direction de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme (DDHDP), OIF
Delphine Matsumoto

Delphine C. Matsumoto

 

 

MT: L’entreprise Hévecam a accueilli en septembre dernier à Nyété un atelier consacré aux entreprises et aux droits de l’Homme. Qu’est-ce qui peut justifier la présence de l’OIF à une telle rencontre ?

DCM: Cet atelier a été organisé grâce au soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dans le cadre de son partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH). Chaque année, le HCDH et l’OIF organisent des activités conjointes et l’atelier à Hévecam est l’une d’entre elles. De plus, c’est la première fois que cette entreprise accueille un tel atelier.

L’OIF est engagée dans le domaine entreprises et droits de l’Homme. En 2008 à Québec, en 2010 à Montreux, les États et gouvernements francophones se sont solennellement engagés à « promouvoir la responsabilité sociale/sociétale et environnementale de l’entreprise, notamment en encourageant les entreprises des pays membres de la Francophonie à adhérer aux instruments, normes et principes internationaux pertinents ainsi qu’en favorisant leur harmonisation ». En 2010, les États se sont engagés à « veiller à l’effectivité des mécanismes du respect des droits de l’Homme par les entreprises, qui ont des responsabilités sociales et sociétales », reconnaissant ainsi le lien indissociable entre les droits de l’Homme et le développement.

C’est par le biais de telles activités de formation et de sensibilisation que l’OIF entend contribuer au « développement des capacités de tous les acteurs à mieux faire face aux défis dans le domaine des droits de l’Homme et des entreprises». Nous sommes convaincus que les entreprises ont un rôle à jouer en ce qu’elles sont de véritables acteurs économiques. En effet, l’activité économique ne peut se déployer en dehors de toute considération des droits de l’Homme, et ceux-ci ne peuvent s’exercer pleinement s’il n’existe aucun espoir d’employer ses capacités, d’atteindre la prospérité économique, et de créer de nouvelles richesses. Lire la suite

Protection de l’environnement : des défenseurs inquiétés au Cameroun

Christopher Achobang, Norbert BOUBA, Nasako Besigi, Joseph Fa’a Embolo sont quelques défenseurs de l’environnement à avoir maille à partir avec la justice camerounaise.déforestation

Le Cameroun aspire à être émergent d’ici à 2035. A cet effet, le pays s’est lancé dans une campagne de séduction pour attirer les investisseurs aussi bien dans le secteur minier que forestier et foncier. L’enjeu de ces investissements est l’accès à la terre et à la ressource et la conséquence immédiate de cette situation est l’explosion d’importants risques de violations de droits humains car beaucoup de ces projets se superposent aux terroirs revendiqués par les communautés locales et peuples autochtones.

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Formation : Les défenseurs de l’environnement outillés aux mécanismes de protection de leurs droits

C’est dans le cadre d’un atelier qui réunit à kribi du 2 au 5 septembre 2015, différents acteurs intervenant dans la protection et la promotion des droits de l’homme.

Une vue de la salle

Ils font 32 au total. D’aucuns, défenseurs de l’environnement et représentant les communautés, journalistes actifs dans le domaine des droits de l’homme et de l’environnement et d’autres issus des associations de défense de l’environnement, des associations de défense des droits de l’homme et/ou de défense des défenseurs de droits de l’homme les participants. Durant 4 jours, ils vont partager leurs expériences quotidiennes et les menaces auxquelles ils font face et être formés aux principaux instruments normatifs et institutionnels garantissant leur protection. C’est du moins l’objectif principal visé par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), organisateur de la rencontre.

En défendant les droits économiques, sociaux et culturels des communautés et peuples et notamment sur leur droit au maintien et la préservation de leur environnement de leur cadre de vie, les défenseurs de l’environnement s’exposent à des intimidations, violences et autres violations de leurs droits civils et politiques. Au Cameroun, « on a ainsi constaté au cours des trois dernières années, une intensification du harcèlement des communautés défendant leurs droits et, surtout, d’individus et d’organisations défendant les droits des communautés dans les domaines de l’environnement et de l’accès à la terre et aux ressources naturelles » a reconnu Apollin Koagne du CED. L’émergence de menaces nouvelles et persistantes sur les droits de l’Homme avec l’augmentation de la demande en ressources naturelles s’est accompagnée d’une violation de plus en plus accrue des défenseurs des droits violés.

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Accès à la terre : L’information donnée aux populations jugée inaccessible par des experts

De l’observation des experts travaillant au quotidien sur les questions foncières, l’obstacle majeur à l’obtention d’une portion de terre pour les communautés rurales est la qualité des informations mises à leur disposition.

Le terrain est leur principal lieu de travail. Ils parcourent régulièrement les villages, les zones rurales en quête d’information et parfois pour sensibiliser les populations villageoises sur leurs droits fonciers. Partout, le constat est le même : l’accès à l’information n’est pas aisé pour ces populations rurales qui veulent, pour certains, acheter une portion de terre et pour d’autres la préserver simplement.

Pourtant, les textes encadrant la gestion foncière existent dans tous les pays d’Afrique et sont disponibles. « Le gros problème c’est que ces textes ne sont pas accessibles aux personnes analphabètes, nombreuses en zones rurales et il n’y a pas de sensibilisation à l’information foncière pour les personnes marginalisées comme les malvoyants » déplore Claire Quenum de Women in Law and Development (WILDA) au Togo. Par ailleurs, ces informations légales contiennent « trop de termes techniques » ce qui rend encore plus difficile leur compréhension et leur appropriation par les communautés rurales.

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