Hévéaculture : SUDCAM perd 13 000 ha de sa concession

La société Sud Cameroun Hévéa S.A. (SUDCAM) contrainte d’abandonner une superficie d’environ 13.630 ha sur la concession à elle attribuée à titre provisoire par décret N° 011 du 14 janvier 2015.

La concession provisoire mise en cause, d’une superficie totale de 30 408 ha, est  située au lieu-dit « Corridor Nkolafendek-Otong Mbong » dans l’arrondissement de Djoum (Sud Cameroun).

Selon certaines sources, cet abandon est dû à l’observation « d’un certain nombre de faits majeurs incompatibles à la mise en place sereine du projet, dans un contexte de développement durable ».

En effet, la diminution de l’espace agro forestier au détriment des populations riveraines avait été présentée par des ONG (voir rapport Greenpeace), comme préjudiciable à l’avenir desdites populations et comme source potentielle de conflit permanent entre elles et la société SUDCAM.

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Réserve du Dja : Greenpeace demande au gouvernement camerounais de suspendre les contrats de SUDCAM

La société Sud Hévéa Cameroun (SUDCAM) a détruit 5 930 hectares de forêt depuis 2011 et 42% de cette déforestation qui se déroule autour de la Réserve de Faune du Dja, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, a eu lieu depuis un an et demi. C’est le constat dressé par l’ONG internationale Greenpeace dans une récente enquête publiée sur son site web.Photo SUDCAM Dja

Le développement de la plantation d’hévéa de la société SUDCAM à quelques centaines de mètres de sa frontière occidentale, a été identifié par l’UNESCO, comme l’une des menaces qui pèsent sur la biodiversité du Dja. En effet, les Camerounais se servent des terres et de la forêt que SUDCAM est en train de convertir en exploitation industrielle de caoutchouc pour la pêche, la chasse, la cueillette et l’agriculture.

Le silence du Gouvernement camerounais face à cette situation a amené Greenpeace à écrire au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO pour exprimer son inquiétude au sujet du manque d’attention accordé à la menace créée par la plantation SUDCAM. Seulement, lorsque le 14 juillet 2016, le comité en charge du patrimoine mondial de l’UNESCO a été invité à voter un projet de décision visant à inscrire le Dja sur la Liste du Patrimoine Mondial en péril, seule la Finlande a voté en faveur de cette proposition. Toutes les autres délégations s’y sont opposées regrette Greenpeace.

L’opacité et la légalité douteuse du projet SUDCAM sont mises en cause. L’enquête de l’ONG souligne que « les informations clés sur le projet, telles que l’ensemble des limites de la concession, le montant de la taxe foncière, les informations sur le propriétaire, l’investissement réel réalisé jusqu’à présent … ne sont pas publiques, ce qui ne facilite pas la tâche à quiconque voudrait évaluer la légalité et les impacts du projet et mettre ainsi le gouvernement et les entreprises devant leurs responsabilités ».

Pour ces raisons, Greenpeace demande au gouvernement camerounais de suspendre les contrats de SUDCAM jusqu’à ce que les conditions et les modalités d’attribution et de mise en œuvre soient établies, ainsi que le zonage et l’aménagement participatif du territoire et une procédure transparente et fiable pour assurer un consentement libre, informé et préalable (CLIP) des communautés locales. L’ONG sollicite aussi que SUDCAM mette immédiatement un terme à la conversion des forêts à l’intérieur de ses concessions et procède à une nouvelle étude d’impact environnemental. Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi depuis la publication de l’enquête le 23 août 2016.

Créé en 2010, le groupe SUDCAM est une joint-venture formée par le groupe singapourien GMG Global Ltd (GMG), une filiale de la société d’État chinoise, Sinochem International (80% des actions) et la Société de Productions de Palmeraies et d’Hévéa (SPPH) (20% des actions). La plantation SUDCAM est située à quelques kilomètres du village de Mvomeka’a dans le Sud Cameroun.

Mireille Tchiako

 

Cartographie participative: le draft de la méthodologie unifiée présenté ce jour à Yaoundé

C’est l’une des articulations au menu de la deuxième réunion du Comité Stratégique de Suivi (CSS) du projet «Mise en place d’une méthodologie unifiée de cartographie participative au Cameroun » qui se tient ce 28 juin 2016 à l’hôtel Franco de Yaoundé.

En plus de la présentation du draft de guide de la cartographie participative au Cameroun, les membres du CSS vont échanger sur les critères et propositions pour le choix des sites test du guide ainsi que sur la suite de leur plan de travail.

La cérémonie facilitée par l’ancien Secrétaire Général à la Présidence du Cameroun, ABOUEM A TCHOYI, sera ouverte par un représentant du Ministère de l’Économie, de l’Aménagement et de la Planification du Territoire (MINEPAT) a t-on appris.

Lors de la première réunion, occasion avait été donnée à la coordination technique et à la facilitation du projet de présenter de manière formelle aux membres du Comité Stratégique de Suivi un aperçu rapide du contenu du projet. Les responsables avaient alors précisé qu’il s’agissait d’un effort concerté de réflexion inclusive qui visait l’appui à l’aménagement durable du territoire par une méthode de cartographie participative applicable à l’ensemble des thématiques et des zones écologiques du pays.

« Il n’est donc point question de produire des cartes participatives de toutes les communautés du pays, ni d’attribuer des droits de propriété aux communautés dont les usages seront cartographiés, parce que le projet n’a pas vocation à se substituer à l’État ». Mais plutôt, « doter l’État d’un outil susceptible de l’aider à appliquer ses lois et règlements de manière optimale » assurent les organisateurs.

Le projet d’une durée d’un an rentre dans le cadre du Fonds International pour la Tenure Foncière et Forestière.

By Mireille Tchiako

Foresterie : Le Projet CoNGOs prend vie au Cameroun

La cérémonie de présentation officielle du projet de Collaboration d’ONG en faveur de moyens de subsistance communautaires équitables et durables dans les forêts du Bassin du Congo (CoNGOs) a lieu ce jour à Yaoundé.couverture projet CoNGOs

Soutenir le développement durable et sécuriser les moyens d’existence des communautés dans le Bassin du Congo, Tel va être le challenge à relever par le consortium d’ONG (Well Grounded, Forest Peoples Programme, Fern, ClientEarth et Rainforest Foundation UK) dirigé par l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) et initiatrice du projet CoNGOs,

Le projet voudrait précisément contribuer à l’élaboration d’un modèle de foresterie viable pour les communautés afin qu’elles puissent tirer la plus-value de leurs forêts communautaires a-t-on appris. Toutefois, cela est possible « en favorisant l’amélioration de la gouvernance et des pratiques permettant d’obtenir des moyens de subsistance équitables et durables découlant de la foresterie communautaire dans le bassin du Congo » soutient James Mayers, Directeur des Ressources Naturelles à IIED

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Cameroun: vers l’adoption d’une méthodologie unifiée de cartographie participative

C’est l’objectif visé par le Fonds International pour la Tenure Foncière et Forestière au terme de la mise en  œuvre d’un projet pilote au Cameroun qui va durer un an.

Développer une méthodologie commune pour l’identification et la cartographie des droits et usages des communautés sur la terre et les ressources, qui tienne compte de la diversité écologique et sociologique du Cameroun. Tel est le challenge à relever par le Cabinet Rainbow Environment et l’ensemble des acteurs (administrations publiques, instituts de recherche, autorités traditionnelles, organisations de la société civile)  impliqués dans la mise en œuvre de ce projet au Cameroun. Le projet qui va officiellement être présenté le 27 janvier 2016 à Yaoundé, démarre dans un contexte marqué par le développement d’une multitude de grands projets dans le pays (exploitation forestière, projets miniers, construction d’infrastructures, création d’agro-industries, etc.), mettant tous les investisseurs au contact des communautés. Et donc parvenir  à une cohabitation harmonieuse impose  que les investisseurs identifient les droits et usages des communautés, dans le but de les protéger, comme l’impose généralement les textes en vigueur.

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