Afrique : La gestion forestière sous l’emprise persistante de la corruption

De l’attribution des concessions à l’importation du bois en passant par l’exploitation, le suivi des infractions, des obligations et engagements légaux, toute la chaîne subit les affres du phénomène.

L’éléphant d’Afrique est danger. Le volume de bois exploité illégalement chaque année en Côte d’ivoire est estimé à20151211_144609 400 000 m3. La forêt se meurt donc à petit feu. Le couvert forestier estimé aujourd’hui à 2 millions d’hectares de forêts était de 16 millions  à l’indépendance. Cette figure déplorable que dépeint Youssouf Doumbia, activiste de la société civile ivoirienne et membre de l’Observatoire Ivoirien de la Gestion Durable des Ressources Naturelles (OI-REN) a de grave conséquence sur l’économie de la Côte d’Ivoire. Le pays poursuit – il, a enregistré « les pertes évaluées à 286 milliards de FCFA dues aux fraudes durant les cinq années de crise militaro-politique ».  La situation n’est pas très différente au Cameroun. Selon Victor Amougou, coordonnateur du CEFAID, une organisation basée à Yokadouma, « près de 13 à 15 milliards de FCFA sont perdus chaque année du fait de l’exploitation forestière illégale alors que la forêt contribue à 4% du PIB ». Les activités illégales mises en cause par les acteurs de la société civile pour expliquer l’existence de la corruption dans le secteur forestier ne sont pas le seul facteur de l’avis d’autres experts.

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Gouvernance : Du bois illégal en provenance du Cameroun sur le marché chinois

Le commerce de ce bois illégal émanant des projets de conversion des forêts, se fait au vu et au su du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et l’Union européenne (UE), selon Greenpeace Afrique.bois illégal

C’est une cargaison de plus de 3000 m3 qui a déjà quitté le port de Douala pour le port chinois de Zhangjiagang a dénoncé l’ONG Greenpeace dans un communiqué de presse publié ce jour s’appuyant ainsi « sur des documents officiels du port de Douala ». La transaction effectuée par Uniprovince, une société détenue par Herakles Farms, et qui a déjà abattu au moins 10 000 m3 de bois de valeur commerciale, opère ainsi en toute illégalité sur le sol camerounais. Le bois, objet de la polémique est issu de la vente de coupe illégalement attribuée à l’entreprise par le ministre camerounais en charge des Forêts en  janvier 2014.

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Cameroun: Greenpeace accuse Herakles Farms d’exploitation illégale de bois

photo bois UniprovenceDans un rapport publié le 28 mai, l’ONG y révèle comment « l’entreprise américaine Herakles Farms, à travers une société écran, aurait agi de connivence avec le ministre camerounais des forêts et de la faune pour obtenir illégalement un permis d’exploitation forestière dans une partie de la concession foncière qui lui a été accordée en novembre 2013 ». Et l’entreprise, apprend-on, «se prépare à exporter vers la Chine du bois coupé en violation de la législation camerounaise ».

En effet, Herakles Farms sachant qu’elle ne pourrait vendre de bois légalement parce que n’étant pas enregistré au Cameroun en tant qu’entreprise d’exploitation forestière, a dû passer par une société écran dénommée Uniprovince et enregistrée aux îles caïmans, pour commercialiser le bois illégalement exploité par elle renseigne le rapport.

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Cameroun, forêt en péril

Image SGSOCLe bois tropical d’Afrique Centrale intéresse de plus en plus les acheteurs occidentaux. La demande mondiale de bois est en pleine expansion pour diverses raisons qui vont de la construction à la décoration en passant par  le chauffage et l’ornement. La France est devenue aujourd’hui le premier acheteur européen de bois tropical d’Afrique Centrale et 15% de son importation provient du Cameroun.  Un tiers de ce bois serait d’origine illégale dans ce pays miné par la corruption et où le commerce légal a bien du mal à s’imposer.

Les estimations de la Banque Mondiale montrent que 10 à 15 milliards de dollars par an sont perdus à travers le monde à cause de l’exploitation forestière illégale; avec près de 5 milliards de dollars perdus en raison des taxes et des redevances non perçues sur les récoltes de bois légalement autorisées, et ce à cause de la corruption.

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Gouvernance forestière: Les exploitants véreux dans le collimateur des communautés

Les populations des zones forestières ont été formées à la surveillance des forêts et sont désormais capables d’identifier et de dénoncer une exploitation illégale.

Guide OEFCe sont au total cent vingt-cinq observateurs indépendants locaux, constitués en réseau, et quinze organisations de la société civile (OSC) locale des zones forestières du Cameroun qui ont bénéficié des outils de lutte contre l’exploitation illégale des bois. C’est l’un des résultats des activités réalisées par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), une ONG basée à Yaoundé. L’Organisation a présenté, mardi 12 novembre à la presse, les contours de son projet intitulé « Accompagnement des OSC et des communautés à l’amélioration de la gouvernance forestière : appui à l’observation externe des forêts ». Lire la suite