Protection de l’environnement : des défenseurs inquiétés au Cameroun

Christopher Achobang, Norbert BOUBA, Nasako Besigi, Joseph Fa’a Embolo sont quelques défenseurs de l’environnement à avoir maille à partir avec la justice camerounaise.déforestation

Le Cameroun aspire à être émergent d’ici à 2035. A cet effet, le pays s’est lancé dans une campagne de séduction pour attirer les investisseurs aussi bien dans le secteur minier que forestier et foncier. L’enjeu de ces investissements est l’accès à la terre et à la ressource et la conséquence immédiate de cette situation est l’explosion d’importants risques de violations de droits humains car beaucoup de ces projets se superposent aux terroirs revendiqués par les communautés locales et peuples autochtones.

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Formation : Les défenseurs de l’environnement outillés aux mécanismes de protection de leurs droits

C’est dans le cadre d’un atelier qui réunit à kribi du 2 au 5 septembre 2015, différents acteurs intervenant dans la protection et la promotion des droits de l’homme.

Une vue de la salle

Ils font 32 au total. D’aucuns, défenseurs de l’environnement et représentant les communautés, journalistes actifs dans le domaine des droits de l’homme et de l’environnement et d’autres issus des associations de défense de l’environnement, des associations de défense des droits de l’homme et/ou de défense des défenseurs de droits de l’homme les participants. Durant 4 jours, ils vont partager leurs expériences quotidiennes et les menaces auxquelles ils font face et être formés aux principaux instruments normatifs et institutionnels garantissant leur protection. C’est du moins l’objectif principal visé par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), organisateur de la rencontre.

En défendant les droits économiques, sociaux et culturels des communautés et peuples et notamment sur leur droit au maintien et la préservation de leur environnement de leur cadre de vie, les défenseurs de l’environnement s’exposent à des intimidations, violences et autres violations de leurs droits civils et politiques. Au Cameroun, « on a ainsi constaté au cours des trois dernières années, une intensification du harcèlement des communautés défendant leurs droits et, surtout, d’individus et d’organisations défendant les droits des communautés dans les domaines de l’environnement et de l’accès à la terre et aux ressources naturelles » a reconnu Apollin Koagne du CED. L’émergence de menaces nouvelles et persistantes sur les droits de l’Homme avec l’augmentation de la demande en ressources naturelles s’est accompagnée d’une violation de plus en plus accrue des défenseurs des droits violés.

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Accès à la terre : L’information donnée aux populations jugée inaccessible par des experts

De l’observation des experts travaillant au quotidien sur les questions foncières, l’obstacle majeur à l’obtention d’une portion de terre pour les communautés rurales est la qualité des informations mises à leur disposition.

Le terrain est leur principal lieu de travail. Ils parcourent régulièrement les villages, les zones rurales en quête d’information et parfois pour sensibiliser les populations villageoises sur leurs droits fonciers. Partout, le constat est le même : l’accès à l’information n’est pas aisé pour ces populations rurales qui veulent, pour certains, acheter une portion de terre et pour d’autres la préserver simplement.

Pourtant, les textes encadrant la gestion foncière existent dans tous les pays d’Afrique et sont disponibles. « Le gros problème c’est que ces textes ne sont pas accessibles aux personnes analphabètes, nombreuses en zones rurales et il n’y a pas de sensibilisation à l’information foncière pour les personnes marginalisées comme les malvoyants » déplore Claire Quenum de Women in Law and Development (WILDA) au Togo. Par ailleurs, ces informations légales contiennent « trop de termes techniques » ce qui rend encore plus difficile leur compréhension et leur appropriation par les communautés rurales.

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Dr. Virginie YANPELDA

Dr. Virginie YANPELDA

La région de l’Est Cameroun a connu un drame il y a environ deux mois. Deux « pygmées » Baka ont été incendié dans une concession forestière alors qu’ils venaient d’être recrutés comme aide scieur. ELENGA Pierre et YEYE madeleine respectivement âgé de 18 et 21 ans vivaient au village Missoume par Abong-Mbang. Les témoignages des villageois pointent un doigt accusateur sur certaines autorités locales qui auraient recrutés ces Baka pour réaliser une activité forestière illégale. Aujourd’hui, les victimes manquent d’assistance et l’on est en droit de s’interroger sur le rôle que joue la commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) auprès des citoyens Camerounais. Nous avons rencontré à cet effet Mme Virgine YANPELDA, Commissaire aux droits de l’Homme et Chef d’antenne CNDHL pour le Littoral.

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Liberté sous caution pour Christopher Achobang

Les avocats de ce défenseur de l’environnement détenu depuis un mois à la prison de Mbengwi ont obtenu de la justice qu’il comparaisse désormais libre.

C’est par un communiqué de presse que la nouvelle a été rendue publique ce jour par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED). L’Organisation se réjouit de cette décision du tribunal de Mbengwi parce qu’argue-t-elle, Christopher Achobang pourra « bénéficier de soins de santé appropriés à l’hypertension artérielle dont il souffre ». En plus de retrouver sa famille notamment son bébé de 2 mois, il va pouvoir «préparer sereinement sa défense ».

Le 17 juin prochain, date de son procès, M. Achobang comparaîtra donc libre. Pour mémoire, il a été arrêté et écroué à la prison de Mbengwi le 26 avril 2015. Il est poursuivi pour deux chefs d’accusation à savoir usurpation de la qualité de défenseur des droits de l’homme et incendie volontaire et destruction de biens. S’appuyant sur ses éléments d’enquête, le CED a récemment indiqué que ces actes d’accusations lui « semblaient infondées ».

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