Réserve du Dja : Greenpeace demande au gouvernement camerounais de suspendre les contrats de SUDCAM

La société Sud Hévéa Cameroun (SUDCAM) a détruit 5 930 hectares de forêt depuis 2011 et 42% de cette déforestation qui se déroule autour de la Réserve de Faune du Dja, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, a eu lieu depuis un an et demi. C’est le constat dressé par l’ONG internationale Greenpeace dans une récente enquête publiée sur son site web.Photo SUDCAM Dja

Le développement de la plantation d’hévéa de la société SUDCAM à quelques centaines de mètres de sa frontière occidentale, a été identifié par l’UNESCO, comme l’une des menaces qui pèsent sur la biodiversité du Dja. En effet, les Camerounais se servent des terres et de la forêt que SUDCAM est en train de convertir en exploitation industrielle de caoutchouc pour la pêche, la chasse, la cueillette et l’agriculture.

Le silence du Gouvernement camerounais face à cette situation a amené Greenpeace à écrire au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO pour exprimer son inquiétude au sujet du manque d’attention accordé à la menace créée par la plantation SUDCAM. Seulement, lorsque le 14 juillet 2016, le comité en charge du patrimoine mondial de l’UNESCO a été invité à voter un projet de décision visant à inscrire le Dja sur la Liste du Patrimoine Mondial en péril, seule la Finlande a voté en faveur de cette proposition. Toutes les autres délégations s’y sont opposées regrette Greenpeace.

L’opacité et la légalité douteuse du projet SUDCAM sont mises en cause. L’enquête de l’ONG souligne que « les informations clés sur le projet, telles que l’ensemble des limites de la concession, le montant de la taxe foncière, les informations sur le propriétaire, l’investissement réel réalisé jusqu’à présent … ne sont pas publiques, ce qui ne facilite pas la tâche à quiconque voudrait évaluer la légalité et les impacts du projet et mettre ainsi le gouvernement et les entreprises devant leurs responsabilités ».

Pour ces raisons, Greenpeace demande au gouvernement camerounais de suspendre les contrats de SUDCAM jusqu’à ce que les conditions et les modalités d’attribution et de mise en œuvre soient établies, ainsi que le zonage et l’aménagement participatif du territoire et une procédure transparente et fiable pour assurer un consentement libre, informé et préalable (CLIP) des communautés locales. L’ONG sollicite aussi que SUDCAM mette immédiatement un terme à la conversion des forêts à l’intérieur de ses concessions et procède à une nouvelle étude d’impact environnemental. Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi depuis la publication de l’enquête le 23 août 2016.

Créé en 2010, le groupe SUDCAM est une joint-venture formée par le groupe singapourien GMG Global Ltd (GMG), une filiale de la société d’État chinoise, Sinochem International (80% des actions) et la Société de Productions de Palmeraies et d’Hévéa (SPPH) (20% des actions). La plantation SUDCAM est située à quelques kilomètres du village de Mvomeka’a dans le Sud Cameroun.

Mireille Tchiako

 

Gouvernance : Du bois illégal en provenance du Cameroun sur le marché chinois

Le commerce de ce bois illégal émanant des projets de conversion des forêts, se fait au vu et au su du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et l’Union européenne (UE), selon Greenpeace Afrique.bois illégal

C’est une cargaison de plus de 3000 m3 qui a déjà quitté le port de Douala pour le port chinois de Zhangjiagang a dénoncé l’ONG Greenpeace dans un communiqué de presse publié ce jour s’appuyant ainsi « sur des documents officiels du port de Douala ». La transaction effectuée par Uniprovince, une société détenue par Herakles Farms, et qui a déjà abattu au moins 10 000 m3 de bois de valeur commerciale, opère ainsi en toute illégalité sur le sol camerounais. Le bois, objet de la polémique est issu de la vente de coupe illégalement attribuée à l’entreprise par le ministre camerounais en charge des Forêts en  janvier 2014.

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Cameroun: Greenpeace accuse Herakles Farms d’exploitation illégale de bois

photo bois UniprovenceDans un rapport publié le 28 mai, l’ONG y révèle comment « l’entreprise américaine Herakles Farms, à travers une société écran, aurait agi de connivence avec le ministre camerounais des forêts et de la faune pour obtenir illégalement un permis d’exploitation forestière dans une partie de la concession foncière qui lui a été accordée en novembre 2013 ». Et l’entreprise, apprend-on, «se prépare à exporter vers la Chine du bois coupé en violation de la législation camerounaise ».

En effet, Herakles Farms sachant qu’elle ne pourrait vendre de bois légalement parce que n’étant pas enregistré au Cameroun en tant qu’entreprise d’exploitation forestière, a dû passer par une société écran dénommée Uniprovince et enregistrée aux îles caïmans, pour commercialiser le bois illégalement exploité par elle renseigne le rapport.

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Palmier à Huile : Le Cameroun cède des terres à SGSOC

La société Sithe Global Sustainable Oils Limited, filiale de l’américaine Herakles Farms a reçu près de 20 000 ha de terre pour créer sa palmeraie dans le sud-ouest.

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C’est par trois décrets du Président de la République que SGSOC a été fixé sur son sort le 25 novembre 2013. Ainsi, l’Etat du Cameroun a décidé d’attribuer en concession provisoire à SGSOC, 20 dépendances du domaine national de superficie totale de 19 843 ha. Les terres octroyées sont localisées dans 20 villages des arrondissements de Nguti, Mudemba et Toko dans la région du Sud-Ouest. La société est tenu d’investir un montant de 259 milliards de FCFA pour les trois années que dureront la mise en valeur de la concession provisoire et devra Lire la suite