Gouvernance : Du bois illégal en provenance du Cameroun sur le marché chinois

Le commerce de ce bois illégal émanant des projets de conversion des forêts, se fait au vu et au su du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et l’Union européenne (UE), selon Greenpeace Afrique.bois illégal

C’est une cargaison de plus de 3000 m3 qui a déjà quitté le port de Douala pour le port chinois de Zhangjiagang a dénoncé l’ONG Greenpeace dans un communiqué de presse publié ce jour s’appuyant ainsi « sur des documents officiels du port de Douala ». La transaction effectuée par Uniprovince, une société détenue par Herakles Farms, et qui a déjà abattu au moins 10 000 m3 de bois de valeur commerciale, opère ainsi en toute illégalité sur le sol camerounais. Le bois, objet de la polémique est issu de la vente de coupe illégalement attribuée à l’entreprise par le ministre camerounais en charge des Forêts en  janvier 2014.

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Cameroun: Greenpeace accuse Herakles Farms d’exploitation illégale de bois

photo bois UniprovenceDans un rapport publié le 28 mai, l’ONG y révèle comment « l’entreprise américaine Herakles Farms, à travers une société écran, aurait agi de connivence avec le ministre camerounais des forêts et de la faune pour obtenir illégalement un permis d’exploitation forestière dans une partie de la concession foncière qui lui a été accordée en novembre 2013 ». Et l’entreprise, apprend-on, «se prépare à exporter vers la Chine du bois coupé en violation de la législation camerounaise ».

En effet, Herakles Farms sachant qu’elle ne pourrait vendre de bois légalement parce que n’étant pas enregistré au Cameroun en tant qu’entreprise d’exploitation forestière, a dû passer par une société écran dénommée Uniprovince et enregistrée aux îles caïmans, pour commercialiser le bois illégalement exploité par elle renseigne le rapport.

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Nguti : L’Etat concède 12 000 Ha de terres à SGSOC ?

L’avis motivé des autorités du Sud-ouest est contenu dans un document administratif dont nous avons eu copie. Du coup, les Ong montent au créneau et condamnent le processus d’acquisition desdites terres.  

Le sort de la société SGSOC, filiale de l’américaine Herakles Farms, s’est joué le 08 juin 2013 à Nguti dans le Sud-ouest. Le procès-verbal de la réunion signé par le Sous-préfet et le délégué départemental du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (MINDCAF) recommande au Chef de l’Etat d’attribuer une concession foncière de 12 000 hectares à SGSOC pour 99 ans. L’avis favorable émis par les autorités administratives intervient après ‘‘un examen approfondi ’’, souligne le document qui mentionne au passage l’heure du démarrage de la réunion (13h30mn) et la clôture (15h15mn), soit une durée totale d’1h45mn.

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Forêt : Le Cameroun suspend l’exploitation du Bubinga et du Wengue

La décision est du Ministre des Forêts et de la Faune qui augmente par ailleurs le montant de la mise à prix du Bubinga pendant les ventes aux enchères publiques.

C’est par arrêté N°2401/MINFOF/CAB du 09 novembre 2012 que l’information a été rendue publique.  Le Ministre NGOLE Philipe NGWESSE  suspend l’exploitation des essences forestières Bubinga et Wengue sur  l’étendue du territoire du domaine national à titre conservatoire. La décision « reste valable jusqu’à l’aboutissement de la procédure d’introduction de ces essences dans les annexes de la Convention sur le commerce International des Espèces et de Flore Sauvages Menacées d’Extinction (CITES) » précise l’arrêté ministériel.

La décision de suspendre toute exploitation du Bubinga et du Wengue arrive à un moment où plusieurs entreprises détentrices de titres d’exploitation forestière  dans le domaine national possèdent les essences querellées.  Certains opérateurs  économiques voient déjà en cette décision un probable manque à gagner pour leurs affaires. Mais le ministre des forêts se veut rassurant. « Une autorisation spéciale d’évacuation de grumes sera délivrée  aux détenteurs de stocks constitués dans les titres d’exploitation en cours de validité, après vérification effective de la provenance légale des bois sur le terrain » déclare Philipe NGWESSE. Toutefois, les opérateurs économiques en possession de stocks de Bubinga et de Wengue devront  les déclarer auprès de l’administration en charge des Forêts dans un délai « maximum d’un mois »  à compter de la date de signature de l’arrêté.

L’essence Bubinga encore appelé au Cameroun ESSINGANG est identifiable à son apparence brun rouge. Il sert à la fabrication des manches de couteau, des lambris, des sièges de luxe, des charpentes lourdes, de fond de véhicules ou de conteneur, des meubles courant entre autres.

Dans l’optique de minimiser l’exploitation forestière illégale du  Bubinga,  le Ministre en charge des Forêts a  décidé le 09 novembre 2012 d’augmenter son prix de vente. Désormais donc, au cours des différentes ventes aux enchères publiques, « les mises à prix du Bubinga sous forme de grumes et de débités sont de 700 000 F CFA/m3 » lit-on dans une lettre –circulaire du MINFOF dont nous avons copie. Par le passé, les mises à prix de cette essence oscillaient entre 11 200 F CFC/m3 et 225 000 F CFA/m3. Cette augmentation « permettra  à l’Etat d’engranger des moyens financiers substantiels sur la vente de ce produit  au regard de la flambée des prix de la ressource sur le marché national et international » justifie le Ministre.

Mireille Tchiako