Delphine COUVEINHES MATSUMOTO

« L’activité économique ne peut se déployer en dehors de toute considération des droits de l’Homme »

Spécialiste de programme, Direction de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme (DDHDP), OIF
Delphine Matsumoto

Delphine C. Matsumoto

 

 

MT: L’entreprise Hévecam a accueilli en septembre dernier à Nyété un atelier consacré aux entreprises et aux droits de l’Homme. Qu’est-ce qui peut justifier la présence de l’OIF à une telle rencontre ?

DCM: Cet atelier a été organisé grâce au soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dans le cadre de son partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH). Chaque année, le HCDH et l’OIF organisent des activités conjointes et l’atelier à Hévecam est l’une d’entre elles. De plus, c’est la première fois que cette entreprise accueille un tel atelier.

L’OIF est engagée dans le domaine entreprises et droits de l’Homme. En 2008 à Québec, en 2010 à Montreux, les États et gouvernements francophones se sont solennellement engagés à « promouvoir la responsabilité sociale/sociétale et environnementale de l’entreprise, notamment en encourageant les entreprises des pays membres de la Francophonie à adhérer aux instruments, normes et principes internationaux pertinents ainsi qu’en favorisant leur harmonisation ». En 2010, les États se sont engagés à « veiller à l’effectivité des mécanismes du respect des droits de l’Homme par les entreprises, qui ont des responsabilités sociales et sociétales », reconnaissant ainsi le lien indissociable entre les droits de l’Homme et le développement.

C’est par le biais de telles activités de formation et de sensibilisation que l’OIF entend contribuer au « développement des capacités de tous les acteurs à mieux faire face aux défis dans le domaine des droits de l’Homme et des entreprises». Nous sommes convaincus que les entreprises ont un rôle à jouer en ce qu’elles sont de véritables acteurs économiques. En effet, l’activité économique ne peut se déployer en dehors de toute considération des droits de l’Homme, et ceux-ci ne peuvent s’exercer pleinement s’il n’existe aucun espoir d’employer ses capacités, d’atteindre la prospérité économique, et de créer de nouvelles richesses. Lire la suite

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Industrie extractive : Les Nations Unies promeuvent les droits de l’homme au Tchad

C’est à travers un atelier national dénommé droits de l’homme, prévention des conflits et exploitation des ressources naturelles qui se tient à N’Djamena du 12 au 14 novembre 2014.

Durant trois jours, différents acteurs impliqués dans les activités du secteur extractif au Tchad vont plancher sur les principes directeurs et le cadre conceptuel des Nations Unies sur les Entreprises et les droits de l’homme afin de contribuer à leur mise en œuvre dans leur travail quotidien.

Selon le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale, l’atelier de N’Djamena est organisé « dans l’optique de la mise en œuvre du plan d’action visant à assurer que l’exploitation des ressources naturelles répond aux besoins des communautés et à la réalisation des droits de l’homme, en particulier des droits économiques sociaux et culturels de tous ». Ce plan d’action apprend-on, a été adopté au cours d’une rencontre sous régionale d’experts visant à établir un état des lieux de la situation des droits de l’homme en rapport avec l’exploitation des ressources naturelles en Afrique Centrale et dans la région des Grands Lacs, tenu à Bujumbura, Burundi, en novembre 2013.

L’évènement qui réunit les organisations de la société civile travaillant dans le domaine des droits de l’homme, les représentants de communautés, les agences du Système des Nations Unies, les ONG internationales, les acteurs gouvernementaux et un représentant du Groupe de Travail sur les Industries Extractives, l’Environnement et les Violations des Droits de l’Homme, est organisé en partenariat avec le Gouvernement du Tchad et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

By Mireille Tchiako